Il y a cette sensation que beaucoup d’entre vous me décrivent : le rendez-vous est posé sur l’agenda, et déjà le corps se met en alerte. La gorge se serre, le sommeil devient plus léger, les pensées tournent en boucle. Une biopsie, un scanner, une IRM, une simple prise de sang ou l’attente des résultats peuvent réveiller une angoisse profonde, parfois disproportionnée par rapport à l’acte lui-même. C’est humain, et vous n’avez rien à vous reprocher.
En plus de trente ans d’accompagnement, j’ai vu combien quelques outils simples, répétés calmement, pouvaient changer la façon de traverser ces moments. Je vous en partage trois aujourd’hui. La sophrologie ne remplace jamais votre suivi médical : elle vient en complément, comme un soutien pour vous aider à rester présent à vous-même.
Pourquoi l’examen fait si peur
Ce que nous redoutons, ce n’est pas toujours l’examen en lui-même. C’est l’inconnu, le bruit de la machine, l’immobilité imposée, la sensation d’être enfermé dans le tunnel du scanner ou de l’IRM. C’est aussi, bien sûr, ce que les résultats pourraient révéler. Notre cerveau anticipe le danger et déclenche les réactions du stress : respiration courte, muscles tendus, cœur qui s’accélère.
La bonne nouvelle, c’est que ce mécanisme fonctionne dans les deux sens. En agissant volontairement sur la respiration et sur les images mentales, on envoie au corps un signal d’apaisement. C’est exactement ce que travaillent les exercices qui suivent.
Exercice 1 : la respiration qui apaise
À pratiquer la veille au soir, dans la salle d’attente, et même allongé(e) juste avant l’examen. Personne ne le verra.
Exercice 1 : la respiration en 4-6
- Installez-vous confortablement, assis(e) ou allongé(e), les épaules relâchées.
- Inspirez doucement par le nez en comptant lentement jusqu'à 4.
- Expirez par la bouche, comme si vous souffliez dans une paille, en comptant jusqu'à 6.
- L'expiration plus longue que l'inspiration est la clé : c'est elle qui apaise le système nerveux.
- Recommencez ce cycle pendant 3 à 5 minutes, sans forcer, en laissant le souffle ralentir tout seul.
Une expiration plus longue que l’inspiration suffit souvent à faire redescendre la tension en quelques minutes.
Exercice 2 : l’ancrage dans le présent
Quand les pensées s’emballent vers le futur, ramener l’attention au corps et à l’instant aide à reprendre pied. Cet exercice est précieux dans la salle d’attente, au moment où l’angoisse monte.
Exercice 2 : l'ancrage par les sens
- Posez vos deux pieds bien à plat sur le sol et sentez le contact, le poids de votre corps sur la chaise.
- Nommez mentalement 5 choses que vous voyez autour de vous.
- Puis 4 choses que vous pouvez entendre, même lointaines.
- Puis 3 sensations physiques : la texture de vos vêtements, la température de l'air, vos mains posées sur vos genoux.
- Terminez par 2 ou 3 respirations lentes, en vous disant intérieurement : ici, maintenant, je suis en sécurité.
Cet exercice coupe court à la spirale du « et si ». Il ramène doucement votre attention de l’inquiétude imaginée vers ce qui est réellement là.
Exercice 3 : la visualisation d’un lieu ressource
La visualisation est particulièrement utile pour la claustrophobie du scanner ou de l’IRM. Pendant que le corps reste immobile, l’esprit, lui, peut voyager vers un endroit qui vous fait du bien.
Exercice 3 : votre lieu ressource
- Fermez les yeux et choisissez un lieu où vous vous sentez bien : une plage, une forêt, une pièce familière, un souvenir doux.
- Installez-y vos sens, un par un : les couleurs, les sons, les odeurs, la température sur votre peau.
- Respirez calmement en restant dans cette scène, comme si vous y étiez vraiment.
- Si vous le souhaitez, imaginez l'examen qui se déroule simplement, l'équipe bienveillante autour de vous, et vous, calme, qui traversez ce moment.
- Gardez cette image comme un refuge : vous pouvez y revenir à tout instant, même dans le tunnel de la machine.
Le corps ne fait pas la différence entre une scène vécue et une scène intensément imaginée : la détente ressentie est réelle.
Pour les heures d’attente
Entre l’examen et les résultats, le temps semble parfois suspendu. Dans ces moments, autorisez-vous des pauses : une respiration en 4-6 le matin, un ancrage quand l’angoisse remonte, votre lieu ressource avant de dormir. Ne cherchez pas à chasser la peur de force. Accueillez-la, puis revenez doucement à votre souffle. C’est dans cette répétition tranquille, jour après jour, que le calme reprend de la place.
Si vous sentez que cette angoisse vous dépasse, parlez-en à votre médecin ou à votre équipe soignante : ils sont là pour vous accompagner, et vous n’avez pas à traverser cela seul(e).
Si vous souhaitez apprivoiser ces outils avant un examen à venir, une séance découverte peut être un premier pas pour les expérimenter ensemble, à votre rythme. Prenez soin de vous.
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