C’est une question qui revient très souvent dans mon cabinet : “Mais au fond, vous faites quoi de différent d’un psychologue ?” Quand on traverse un cancer, on entend parler de tant de professionnels qu’il devient difficile de savoir vers qui se tourner, et pour quoi. Je voudrais ici clarifier les choses, sans opposer personne. Car la vérité, c’est que le psychologue et moi ne faisons pas le même métier, et que bien souvent, nous sommes utiles tous les deux, chacun à notre place.
Depuis plus de trente ans, j’accompagne des personnes confrontées au stress, à l’angoisse, aux troubles du sommeil et à la maladie. Je tiens à le dire d’emblée : la sophrologie ne remplace ni un psychologue, ni un psychiatre, ni un traitement médical. Elle vient en complément, à côté de votre prise en charge, jamais à la place.
Le psychologue : un travail sur le psychisme et la parole
Le psychologue est un professionnel formé à la compréhension du fonctionnement psychique. Son outil principal, c’est la parole. Avec lui, on met des mots sur ce que l’on vit, on explore son histoire, ce que la maladie vient toucher de plus profond, parfois des blessures plus anciennes. Il peut évaluer une souffrance psychique, repérer une dépression ou une anxiété qui s’installe, et proposer un suivi adapté.
Dans le cadre du cancer, on parle souvent de psycho-oncologue : un psychologue spécialisé dans l’accompagnement des personnes malades et de leurs proches. Beaucoup de centres de soins en proposent un, et c’est une ressource précieuse. Si vous ressentez une détresse importante, une tristesse qui ne passe pas, des idées noires ou une angoisse qui vous submerge, c’est vers ce type de professionnel de santé qu’il faut vous tourner en priorité.
La sophrologie : un accompagnement par le corps et le concret
Mon travail est d’une autre nature. Je ne soigne pas le psychisme et je ne pose aucun diagnostic. Ce que je propose, c’est un accompagnement corporel et concret, tourné vers le présent et le mieux-être au quotidien. Nous travaillons avec la respiration, la détente musculaire, des visualisations apaisantes, des exercices simples que vous pouvez ensuite refaire seul, chez vous, dans la salle d’attente ou avant un examen.
Le psychologue vous aide surtout à comprendre et à mettre des mots ; moi, je vous aide à apaiser votre corps et à retrouver des sensations agréables, ici et maintenant. Mon objectif n’est pas de fouiller le passé, mais de vous donner des appuis pour traverser les jours présents un peu plus sereinement : mieux dormir, calmer une bouffée d’angoisse, retrouver de l’énergie, vous réconcilier avec un corps mis à l’épreuve par les traitements.
Deux approches qui se complètent, et ne s’opposent pas
J’insiste sur ce point, car on me demande parfois de “choisir”. Or il n’y a pas à choisir. Voir un psychologue et voir un sophrologue, ce n’est pas faire deux fois la même chose : ce sont deux soutiens différents qui peuvent avancer ensemble. Certaines des personnes que j’accompagne suivent en parallèle un travail avec un psychologue, et c’est très bien ainsi. La parole d’un côté, le corps de l’autre, se renforcent.
Il m’arrive d’ailleurs d’orienter une personne vers un psychologue ou un psycho-oncologue quand je sens que son besoin dépasse ce que la sophrologie peut offrir. C’est aussi cela, accompagner avec honnêteté : connaître les limites de sa propre pratique.
Vers qui me tourner selon mon besoin ?
Pour vous aider à y voir clair, voici quelques repères simples. Si vous avez besoin de déposer une parole, de comprendre ce qui se joue en vous, de traverser une souffrance psychique forte ou une histoire douloureuse, le psychologue est la bonne personne. Si vous cherchez plutôt à apaiser votre corps, à mieux respirer, à calmer le stress avant un examen, à retrouver le sommeil ou simplement des moments de détente, la sophrologie a toute sa place.
Et si vous hésitez, les deux ne sont pas incompatibles, loin de là. Le plus important, c’est de ne pas rester seul avec ce que vous traversez.
Une précision importante sur la sécurité
Je le redis avec clarté, car cela compte : la sophrologie est un accompagnement du mieux-être, pas un soin psychique ni médical. En cas de détresse psychologique, d’angoisse envahissante ou d’idées sombres, il faut consulter un professionnel de santé, parlez-en à votre médecin, à votre équipe soignante ou à un psychologue. La sophrologie peut vous soutenir en chemin, mais elle ne se substitue jamais à ces prises en charge.
Lors de la séance découverte d'une heure quinze, nous prenons le temps de faire connaissance. Vous me racontez où vous en êtes, et je vous explique concrètement ce que la sophrologie peut, ou ne peut pas, vous apporter dans votre situation. Sans engagement, et en toute transparence.
Comprendre qui fait quoi, c’est déjà reprendre un peu de prise sur un parcours qui peut sembler flou. Que vous choisissiez l’un, l’autre, ou les deux, l’essentiel est de vous entourer des personnes qui sauront vous accompagner, chacune à sa façon.
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