Beaucoup des personnes que j’accompagne pendant un cancer me confient la même chose : le jour, on tient, on enchaîne les rendez-vous, on fait bonne figure. Et la nuit, tout remonte. On se couche épuisé, et le sommeil ne vient pas. Ou il vient, puis se brise au milieu de la nuit, laissant l’esprit tourner dans le noir. Si vous vivez cela en ce moment, je voudrais d’abord vous rassurer : ces nuits hachées ne sont pas un manque de volonté. Dans la maladie, le sommeil est mis à rude épreuve, pour des raisons très concrètes que je vais vous expliquer.
Depuis plus de trente ans, j’accompagne des personnes confrontées au stress, à l’angoisse et aux troubles du sommeil. Je ne soigne pas le cancer : votre équipe médicale s’en charge, et certains troubles du sommeil sont directement liés aux traitements. Il est important de les évoquer avec votre médecin. Mon rôle est à côté de vous, pour vous aider à retrouver un peu de calme le soir et à mieux traverser ces nuits difficiles.
Pourquoi le sommeil se dérègle pendant un cancer
Les raisons sont multiples, et elles se cumulent souvent. Certains traitements, comme les corticoïdes, sont connus pour tenir éveillé ou agiter le sommeil. La douleur, l’inconfort, les bouffées de chaleur peuvent réveiller plusieurs fois dans la nuit. À cela s’ajoute la grande fatigue de la maladie, qui pousse parfois à somnoler dans la journée : on récupère un peu, mais le rythme jour-nuit se décale, et le soir venu, le corps ne sait plus très bien quand dormir.
Et puis il y a tout ce qui se passe dans la tête. L’anxiété, les ruminations qui reviennent dès qu’on pose la lumière, la peur de ce qui vient. La nuit amplifie tout : seul dans le silence, l’esprit s’emballe sur les questions qu’on tient à distance le jour. Ce mélange épuise, et plus on craint de mal dormir, plus le sommeil se dérobe.
Apaiser le mental quand les pensées tournent
On ne commande pas ses pensées : se dire “il faut que j’arrête de penser” ne fait, le plus souvent, qu’amplifier le mouvement. La sophrologie propose un autre chemin. Plutôt que de lutter contre le mental, on déplace doucement l’attention vers le corps, vers le souffle, vers des sensations simples et présentes. Peu à peu, le flot des pensées perd de son intensité, non parce qu’on l’a fait taire de force, mais parce qu’on a cessé de l’alimenter.
C’est un apprentissage progressif. Au début, les pensées reviennent vite, et c’est normal. Avec un peu de pratique, on gagne en aisance pour revenir au souffle, encore et encore, sans s’agacer contre soi-même.
Créer un rituel d’endormissement
Le corps aime les repères. Quand un cancer bouscule les habitudes, recréer un petit rituel le soir aide à signaler au corps que le moment du repos approche. Cela peut être très simple : baisser les lumières, poser les écrans un moment avant le coucher, prendre quelques respirations lentes, ou faire un court temps de détente toujours au même moment. Ce n’est pas une recette miracle, mais une façon douce de préparer le terrain, soir après soir.
Exercice du soir : relâcher le corps avant de dormir
- Allongé dans votre lit, posez les mains sur le ventre et respirez doucement, en allongeant l'expiration.
- Portez votre attention sur vos pieds, et imaginez-les lourds, qui se relâchent. Puis remontez lentement : les jambes, le ventre, les épaules, le visage.
- À chaque expiration, laissez un peu plus de poids se déposer dans le matelas, comme si le corps s'enfonçait doucement.
- Si une pensée revient, ce n'est pas grave : revenez simplement au souffle et à la sensation du corps qui se pose.
Gérer les réveils en pleine nuit
Les réveils nocturnes sont fréquents dans la maladie, et ils sont souvent les plus difficiles à vivre. On se réveille, et aussitôt l’esprit repart. La première chose à savoir, c’est qu’il est inutile de se battre pour se rendormir : cette lutte réveille davantage. Mieux vaut accueillir le réveil sans dramatiser, puis ramener doucement l’attention sur la respiration et la détente du corps.
Si le sommeil ne revient pas, plutôt que de rester crispé à fixer le plafond, vous pouvez reprendre quelques respirations lentes, sentir le contact du corps avec le lit, la chaleur des couvertures. L’idée n’est pas de forcer le sommeil, mais de retrouver un état de repos, qui souvent rouvre la porte à l’endormissement.
Avancer à votre rythme, et en parler
Le sommeil ne se répare pas en une nuit, surtout dans un moment aussi éprouvant. Soyez patient et doux avec vous-même. Certaines nuits resteront difficiles, et ce n’est pas un échec : c’est le contexte qui est exigeant. Chaque petit moment de calme regagné est déjà précieux.
Enfin, je le redis car cela compte : si vos troubles du sommeil persistent, parlez-en à votre équipe médicale. Certains sont liés aux traitements et méritent d’être examinés. La sophrologie vient en complément de ce suivi, jamais à sa place.
Lors de la séance découverte d'une heure quinze, nous prenons le temps de faire connaissance, sans aucune attente de performance. Vous me racontez comment se passent vos nuits, et nous posons ensemble les premiers outils de respiration et de détente que vous pourrez utiliser dès le soir même, à votre rythme.
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